La toponymie d'origine celte et romaine

Roubion
rivière des pierriers
rivière des Cavares
rivière des chênes
Kaouaron Kavaron Rouaron
Jabron
eau : Ouaron Varon
Drôme
eau courante : Dubron


Livron
lieu près de la Drôme
Douriona Dubrona lubrona
Aygues
alluvions :Soulgas Scoras
Vaison
ville blanche : Ouindalon Vindalon


Racines latines
Alanum Alendum : Allan
Marsana, domaine de Mars
Marsanne
Tauligni anum : Taulignan
Salciacum : Sauzet
Bastida : la Batie Rolland
Castro granus : Grignan
Manso : la Bégude de Mazenc


Les racines celtes et latines

Les cavares sont le peuple de la rivière des pierriers ( Kaer Varon). Dés le néolithique la région est marquée par l'épierrement des champs, première récolte : "récolto di caïau" disait on au siècle dernier vers Montjoyer. De véritables collines de cailloux ont de ce fait été constituées. La racine celte ker, kaer, caer, ou caern : pierrier est parfois traduite par le mot fortification.
Pourtant Strabon, un géographe grec né en 58 avant J.C., affirme de façon précise ce qu'était le territoire des cavares. Cette fédération gauloise se répartissait en deux peuples, les Ségalauvaunes de Valence à Montélimar, les Tricastins de Montélimar à Saint Paul trois châteaux. La rivière le Jabron faisait office de limite.

Aéria

La plus ancienne description que nous possédons de la région comprise entre Durance et Isère, le long de la rive droite du Rhône est due au géographe Strabon. Le bac nous transporte à Caballon (Cavaillon), à partir de ce point la région des Cavares s'étend jusqu'au confluent de l'Isère et du Rhône, à l'endroit où les monts des Cévennes viennent se joindre au fleuve. Depuis la Durance jusqu'ici la distance est de 700 stades. Mais tandis que les Saliens occupent la plaine et les montagnes, les Cavares ont au dessus d'eux les Vocontiens, les Tricoriens, les Iconiens et les Médules. D'autres rivières descendent des Alpes vers le fleuve. Deux d'entre elles, le Kouaron et le Ouaron entourent "la ville" et confondent leurs eaux avant de se jeter dans le Rhône. Une troisième le Soulgas a son confluent près de Oindalon. Dans ce même intervalle sont les villes de Aouenia (Avignon), Arausio (Orange), et "Aeria", celle ci bien nomée, parce que située sur une hauteur. En général cette région est en plaines et pâturages, mais celle qui s'étend de Aéria à la Douriona présente des défilés étroits et boisés. Tel est le pays entre les Alpes et le Rhône.
Mais la question sans réponse : AERIA, la ville mythique, où est elle ? où sont les vestiges ? Une ville perchée quelque part entre Drôme et Jabron, environnée de vallées étroites et de forêts. Plusieurs villages de la Valdaine répondent à cette description. Aleyrac, tout d'abord, au site aèrien, situé sur un axe de communication important entre le Diois et la Provence, emprunté de tous temps par les transhumants, les pèlerins ou les simples voyageurs. Pont de Barret, bâti au sortir du vallon étroit des Gourjeasses et premier pont en pierre posé sur le Roubion. Châteauneuf de Mazenc, posé lui aussi, au confluent de deux grands axes de circulation. La réponse est peut être ailleurs. Lacroix dans Histoire de l'arrondissement de Montélimar (VII-VIII page 295) écrit : "entre Félines, Truinas et Poët-Celard un amoncellement de ruines si considérable qu'on l'a pris pour les restes d' une ville inconnue ou d'un édifice colossal". La question reste posée.